The Ovahimba Years
A Transdisciplinary Ethnography in Namibia and Angola
Petite Rina
Les années Ovahimba
Une ethnographie transdisciplinaire en Namibie et Angola
An Ethnograhic Study
of the Ovahimba Cultural Heritage
Une étude  ethnographique
du patrimoine culturel Ovahimba

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Rina Sherman©Rina Sherman©Rina Sherman©Rina Sherman©

Base de données

Le fonds « Les années Ovahimba » constitue l’ensemble de la documentation et de la collecte de données recueillies depuis de nombreuses années par Rina Sherman sur les Ovahimba et d'autres communautés de langue Otjiherero, apparentées de la Région Kunene, du Nord-ouest de la Namibie et des provinces de Cunene et de Namib, dans le Sud-ouest de l'Angola.
Cette collection d'archives se compose d’images (film et vidéo), d’enregistrements sonores, de dessins et de photographies, mais aussi d’une bibliographie (copies d’articles), de textes et notes inédits, d’une correspondance, enfin de fichiers administratifs et de production, d’inventaires et de dossiers de présentation, l’ensemble couvrant la période de 1996 à nos jours.
Une grande partie de ces éléments concerne la vie rituelle et quotidienne, ainsi que l’histoire de la famille élargie de feu le chef d’Etanga, héritier du trône royal détenu par la famille Tjambiru depuis de nombreuses générations.

Les autres éléments réunissent des informations sur la vie de parents, amis et membres de la communauté environnante, ainsi que d’autres communautés Ovahimba et populations apparentées (Ovakuvale, Ovadhimba, Ovahakaona, Ovatwa, Ovacaroca, etc.) de Namibie et d’Angola.
La documentation met en relief la place importante occupée par les rituels de danses et les cérémonies d’appel d’esprits (transe).
Plusieurs documents sont relatifs à des procès en droit coutumier et à des réunions communautaires importantes.
L’ensemble de la collection d’enregistrements vidéo et son est répertorié dans une feuille de style avec références croisées, fournissant des indications de contenu, médium, médias connexes (photographies, textes, dessins), date et lieu, langue, matériels publiés et ainsi de suite.
Les autres éléments sont partiellement répertoriés, d’autres sont en cours de classement.

Film & Vidéo

Les éléments filmés, soit 350 heures en vidéo (Hi8, DV SD – dupliquées en Mini DV SD et pour certains en DD) et film (environ 10 heures en 16mm – non transférées en vidéo) couvrent le séjour sur place de sept ans de Rina Sherman et présentent des sujets sur la vie rituelle et quotidienne : construction de maisons, cérémonies d’enterrement, parures des hommes et des femmes, droit coutumier, réunions communautaires, séances d’appel d’esprits (transe), de nombreuses cérémonies de danse, consultations de médecins traditionnels, entretiens sur des sujets divers, haruspications, etc.

Photographies

Une collection de photographies (négatifs couleurs, négatifs N/B, originaux réversibles couleurs) a été constituée au cours des sept années de séjour de Rina Sherman en Namibie et en Angola.
Environ 200 films en 135mm, la plupart en négatif couleurs ont pour sujet la vie quotidienne et rituelle, particulièrement la danse et d’autres rites de passage, tels que la cérémonie du nom, des soins et de la circoncision.
Ces photographies se composent aussi de la présentation de  parures, de portraits individuels d’Anciens, d’enfants et de différents membres de plusieurs communautés. Elles ont pour base les mêmes sujets que ceux des tournages film et vidéo : la construction de maisons, l’évolution des enfants et des personnes photographiés sur une période de sept ans.
L’ensemble de ces originaux a été numérisé, la plupart en haute résolution. Le rajout des métadonnées reste à faire.

Il existe un ensemble de tirages argentiques encadrés en noir et blanc et en couleurs de diverses tailles, présenté dans le cadre d’une exposition multimédia, « Les années Ovahimba : Travaux en cours » qui ont eu lieu au Centre culturel franco-Namibien à Windhoek en 2002.

Un carnet de photographies de la collection a été publié dans le livre « Ma vie avec les Ovahimba », publié en 2009.

Un ensemble de portraits « Ovahimba Gaze: A Given Time a été exposé dans la Sala Lippi à Perugia en novembre 2010.

Quelques autres sélections de photographies sont en ligne : Ovahimba Portraits, Maisons – Namibie, Angola et Instruments de musique.

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Enregistrements sonores

Les enregistrements sonores, d’une trentaine d’heures en prises de son directes, ont été réalisés pour témoigner de la vie quotidienne et rituelle. Ils reproduisent des entretiens avec les chefs traditionnels, les Anciens, divers membres de la communauté d’Etanga et d’autres communautés en Angola. Les sujets abordés sont autobiographiques et historiques (tradition orale). Les chants, la musique et autres expressions peuvent aussi être entendus.

La plupart des enregistrements ont été enregistrées sur DAT, et ceux qui ont été enregistrés en analogue ont été copiés sur DAT ; certains ont été numérisés.

Dessins

Une collection d’une cinquantaine de dessins en couleurs (crayons gras, de couleurs ou stylo), réalisés sur commande pour le projet de recherche par un des assistants appartenant à la communauté, décrivent des scènes de la vie quotidienne et rituelle des Ovahimba.

Une sous-collection de dessins, accompagnée de descriptions, représente les divers types de bœufs et les tabous liés à chacun ; elle est doublée de photographies de ces mêmes types. Les Ovahimba ne font pas de compte numéraire de leur bétail, mais en mémorisant une image global de leurs troupeaux en fonction de leur d’apparence physique (cornes, couleurs, marquages, etc.)
Pas de numérisation

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Textes & notes inédits

Une collection de notes prises sur le vif et de textes inédits sur divers sujets de recherche incluant des notes de linguistique en Otjiherero.

Correspondance

Pendant son séjour et lors de la continuation de ses recherches à son retour, Rina Sherman a entretenu une correspondance abondante avec différents interlocuteurs, amis et collègues, sous forme de télécopies, de lettres et de notes envoyées par courriel.

Documents administratifs& de production

Une sélection de Rapports d’étape envoyés pendant son séjour sur place réunit des documents concernant l’avancement de divers aspects du projet, le personnel sur le terrain (contrats de travail, rapports sur le travail, séances disciplinaires et administration de projet).

Inventaires

Inventaires de données (vidéo, son, dessins, photographies, textes, notes, etc.), de matériel de recherche et d’équipements du campement d’Etanga.

Dossiers de présentation

Présentation du projet de recherches et de conservation, projets de film, demandes de financements, plans de financement, devis, etc.

Eléments bibliographiques

Pendant les quelques douze années de recherche sur les Ovahimba et d'autres communautés apparentées de langue Otjiherero (séjour de terrain et à son retour), Rina Sherman a fait une collecte importante d’articles (copies), de références de livres et d’articles concernant des études Ovahimba et sujets afférents.

Œuvres d’auteur

Les œuvres d’auteur publiées de la Collection Les années Ovahimba, films, livres, articles, photographies, etc. figurent sur le site Internet dédié et sur rinasherman.com

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Sujets connexes :

Art rupèstre – TChitundu Hulu (Angola)

Pendant ses deux longs séjours en Angola en 2003, Rina Sherman a recensé en vidéo et en photographies l’ensemble des peintures et gravures rupestres des peuples pré-bantous du site Tchitundu Hulu, situé dans le parc National d’Iona, province de Namibe, Angola.
Ce site est candidat pour être classé patrimoine naturel et culturel auprès de l’UNESCO

Tchitundu-Hulu

Art des stèles funéraires Mbali – Namibe

Pendant ce même long séjour d’études en Angola en 2003, Rina Sherman a recensé en vidéo et en photographies l’ensemble des stèles Mbali encore présente dans des cimetières de la ville de Namibe et de ses environs, d’après une carte établie à la main, répertoriant l’ensemble des cimetières de la région présentant des stèles Mbali. Elle a également filmé des entretiens avec certains des derniers survivants Mbali détenteurs de connaissances sur l’histoire des Mbali, peuple acculturé de l’époque coloniale portugaise, ainsi qu’un enterrement de la culture Mbali contemporaine à Namibe.

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Quelques aspects clefs du patrimoine culturel Ovahimba

Les Ovahimba observent le culte de l’Etre Suprême, Ndjambi ou Omukuru. Pour communiquer avec l’Etre Suprême et les Ancêtres, les propriétaires des domaines familiaux tiennent l’autel rituel et sacré (okoruwo) allumé en permanence. L’autel sacré est considéré comme un lien essentiel avec l’au-delà, il symbolise la vie et la fertilité.

Pour ces pasteurs, éleveurs de bovins, pratiquant la transhumance, la propriété privée des bovins n’existe pas : dans leur système de double physionomie, les bovins sont sacrés et sont transmis par la lignée maternelle.

Les Ovahimba observent des pratiques rituelles et spirituelles complexes, notamment celles des louanges, formes poétiques allusives créant un lien entre vivants et Ancêtres, histoire et lieux sacrés (tombes et monuments). Les louanges, intégrées dans des rituels et cérémonies divers comme le chant et la danse sont pratiqués de façon continue et constituent un lien entre la  vie quotidienne et les pratiques cérémoniales.

Un bref aperçu historique


Les peuples de langue Otjiherero sont originaires d’Okarundu kaMbeti, une colline au nord de Ruacana, village situé sur la rivière Kunene.
Il y a plusieurs générations, leurs ancêtres se sont déplacés le long de la rivière et se sont installés sur les collines des deux côtés de la vallée. Le souvenir de ces ancêtres est toujours vivace grâce à la pratique des chants de louanges. L’emplacement de certaines de leurs tombes est connu. Cette société a été, et est toujours (partiellement à présent), dominée par les ovahona (hommes riches et puissants). Certains, parmi les Anciens peuvent faire remonter leur généalogie à l’un des ovahona de cette période légendaire.

Vers la fin du 19ème siècle, les peuples voisins Nama firent des raids successifs sur les Ovahimba, obligeant bon nombre d’entre eux à fuir en Angola. À l'époque, l'administration portugaise n'avait pas encore établi de postes dans ces régions mais l'échange avec l'économie coloniale fut intense. Les réfugiés ont travaillé dans des plantations, sont devenus guides pour des chasseurs professionnels ou se sont enrôlés dans l'armée coloniale pour lutter contre les rébellions indigènes. Certains groupes Ovahimba sont restés dans la région de Kunene (Kaokoland) et se sont retranchés dans les montagnes où ils sont devenus cueilleurs.

En 1907, l’administration allemande déclara Kaokoland réserve naturelle, évitant ainsi l’installation de fermiers blancs. Vers 1910, les communautés de cueilleurs-pasteurs revinrent dans les plaines, d’où elles développèrent le commerce avec les royaumes Ovambo installés dans l'Est. Entre 1910 et 1920, plusieurs familles Ovahimba retournèrent dans la région et s’installèrent à proximité des tombes de leurs ancêtres.

La victoire des Sud-Africains sur les Allemands en 1915 a également encouragé leur retour. Après la Première Guerre mondiale, les autorités sud-africaines, nouvellement mandatées, classèrent la région réserve tribale, obligeant les familles de colons à déplacer leurs troupeaux vers le sud. Ce renforcement des frontières avait pour but de créer une séparation entre les réserves tribales et la zone d’élevage de bétail commercial pour éviter la propagation de maladies. Cette mesure interdisait tout échange commercial avec les Ovahimba et les coupait entièrement du monde extérieur.

En 1927, les Ovahimba constituaient le groupe dominant dans le Kaokoland. En se basant sur le système ovahona, l’administration sud-africaine nomma des chefs pour créer un système de contrôle indirect. Dans un rapport d'inspection sur la Réserve de Nature du Kaokoveld, daté du 10 Octobre 1949, un chef Ovahimba est cité : « Nous sommes en difficulté. Nous pleurons. Nous sommes emprisonnés. Nous ne savons pas pourquoi nous sommes enfermés. Nous sommes dans une prison. Nous n'avons pas d’endroit pour vivre... » Dans le passé, les Ovahimba se déplaçaient librement dans le sud de l'Angola et le nord-ouest de la Namibie en fonction de leurs besoins de pâturage, franchissant indifféremment la frontière de la rivière Kunene entre les deux pays.

Depuis le début de années quatre-vingt, le Kaokoveld a connu une affluence de touristes sans précédent, qui a naturellement généré des modifications dans les habitudes alimentaires et les aspirations des habitants. Ils ont développé une prédilection pour les denrées occidentales et pour les substances créant une dépendance comme le sucre, le café, le tabac et l'alcool.

Après l'indépendance de la Namibie en 1990, suivie par les premières élections libres en Afrique du Sud, en 1994, une nouvelle ère a commencé en Afrique Australe. Pendant la période coloniale, les administrations successives n'ont pas seulement contrôlé les ressources matérielles de la région, elles ont également cherché à dominer les esprits des peuples autochtones. L’origine de la ségrégation raciale repose sur l'attribution d'une identité souvent arbitraire en termes d’appartenances raciales ou ethniques. Ces identités ont constitué la base d'un système politique et d'un ordonnancement spatial. Dans ce contexte, le mot « tradition » signifiait qu'une couleur de peau et une disposition spécifique culturelle avaient été attribuées à un individu pour la vie.

Au cours des deux dernières décennies, un projet de barrage aux chutes d’Epupa sur la rivière Kunene, dans le but d'éviter de futures pénuries d'électricité en Namibie, a suscité une grande polémique. La construction de ce barrage provoquera l'inondation du site naturel des chutes d'Epupa et celle des régions voisines, occasionnant la disparition des pâturages Ovahimba, de leurs terres sacrées et de leurs tombes ancestrales.
Les Ovahimba continuent à célébrer la mémoire des ancêtres enterrés dans ces tombes grâce aux descriptions précises contenues dans les chants de louanges ou dans la narration de légendes. Les chants de louanges revendiquent la propriété territoriale de l’individu enterré là où il avait l'habitude de vivre. Dans la mémoire sociale, l'espace est moins important physiquement que dans le contexte historique global.

Le  mode de vie traditionnel des Ovahimba va probablement changer, même si l'économie du Kaokoveld, basée sur l'élevage du bétail, sera maintenue pour les temps à venir. À l'heure actuelle, le nombre de têtes de bétail a été rétabli à ce qu'il était avant les récentes années de sécheresse. Dans cette société pastorale, le culte du bétail constitue le discours culturel dominant. Les Ovahimba disent que si quelqu'un n'a pas de bétail, et qu’un membre de sa famille décède, il ne sera pas capable de sacrifier un animal en l'honneur du défunt. Les Ovahimba cultivent du maïs, mais ils disent: « Vous ne pouvez pas conduire le maïs », par opposition à leur habitude de conduire le bétail.

La notion d'identité Ovahimba est, au moins en partie, le résultat du système de ségrégation raciale colonial. Avant l'indépendance en 1990, l'écriture de l’histoire était contrôlée et censurée par le gouvernement sud-africain. Malgré cela, pendant toute la période coloniale, les Namibiens ont continué à transmettre la mémoire de leurs ancêtres sous  forme de légendes orales, de chants de louanges et d’autobiographies chantées. Le « mythe de Kaoko » a continué à livrer des informations sur ce peuple, dans de nombreux domaines y compris l’anthropologie. Ceci malgré une tendance à représenter la culture matérielle de ces peuples en termes strictement esthétiques, en particulier celle des Ovahimba dont la dimension exotique est spectaculaire.

Qu’en est-il de l'avenir des Ovahimba ? Les Ovahimba ont conservé leurs traditions depuis des siècles, ils vivent retranchés dans des régions arides et montagneuses mais ils sont parvenus à une croisée des chemins entre leur culture ancestrale et l’envahissement de l’urbanisme galopant.
S'il n'est pas possible de dissocier le patrimoine culturel des Ovahimba du contexte historique et social actuel, il est cependant important de réunir et de préserver les légendes, les histoires et les mythes qui constituent leur système de pensée. Ce sont les précieux témoignages de leur culture matérielle actuellement en mutation à cause de l'inévitable (mais pas toujours préjudiciable) processus de développement de l'urbanisme et de l’accélération du processus d'occidentalisation.

Quels que soient les choix qu'ils vont faire ou quels que soient ceux qui leur seront imposés par le progrès et le développement, leur culture subira des changements majeurs dans les années à venir.

Note sur l’Otjiherero

L’otjiherero, aussi appelé Herero ou encore ochiherero est une langue bantoue parlée par les peuples Ovahimba et Ovaherero,  répartis pour une large part en Namibie mais aussi par des groupes installés au Botswana et dans des isolats en Angola. Le nombre de ses locuteurs s'élève au total à environ 200 000 personnes.

La langue parlée a été transcrite en langue écrite sur les bases de l'alphabet latin à la fin du XIXe siècle, grâce à la traduction de la Bible en Otjiherero par le missionnaire Gottlieb Viehe (1839 - 1901). Le père Peter Heinrich Brincker (1836 - 1904), ayant une grande connaissance de cette langue, a traduit des écrits théologiques et des chants.

L’Otjiherero est enseigné à l'école élémentaire comme langue maternelle et comme langue secondaire, et est proposé comme matière principale à l'Université de Namibie.

Il existe des différences orthographiques, correspondant à des périodes différentes, comme omuatje ou omwatje.
Les personnes étrangères à la culture Ovahimba les appellent souvent des Himba (Herero, Kuvale, etc.) perdant le préfixe du nom qui indique la classe de nom et le singulier ou le pluriel.

Il y a deux versions de la langue Otjiherero : la version « R » parlée par les Ovahimba, Ovatwa, Ovaherero, etc. et la version « L » parlée par les Ovakuvale de la Région Namibe en Angola.

Terrain

De 1997 à 2004 Rina Sherman a vécu avec la famille Tjambiru dans son domaine familial situé sur la colline d'oHere dans les faubourgs de Etanga, un village au nord-ouest de la région de Kunene en Namibie.
Pendant son séjour, elle a réuni une documentation sur la vie des membres de cette famille, leurs proches et amis. Sur une période de sept ans, elle a créé une base de données importante sur leur vie quotidienne et rituelle en se servant de différents média : texte, son, dessins, vidéo et photographie.

En 2003, Rina Sherman a étendu ses recherches aux provinces sud-ouest de Cunene et Namibe en Angola où elle a fourni le même travail sur la vie des peuples de langue Otjiherero : les Ovahakaona, Ovadhimba, Ovagambwe, Ovakuvale, Ovatwa...

Pendant son séjour à Namibe, dans la province de Cunene de l'Angola, elle a créé une très importante documentation photographique et vidéo sur l’art funéraire Mbali, ainsi que sur l’art rupestre pré-bantou du site Chitundu Hulu.

Rina Sherman a recueilli des fonds et a coordonné la construction d'un Centre de ressources communautaires dans Etanga, achevée en 2004.

Rina Sherman traite actuellement les données recueillies au cours de cette période. Elle rédige des textes, monte une série de films, établit un catalogue des photographies et des enregistrements sonores et met au propre des années de notes prises sur le vif.

Genèse du projet

1995. Une bourse Villa Médicis hors-les-murs permet à Rina Sherman d’entreprendre une étude dans les archives de film en Afrique Australe (Afrique du Sud, Zimbabwe et Namibie). Cette étude révèle une information d’archive incomplète concernant la représentation de certains peuples, notamment dans le domaine d’images fixes et du film. Une période de recherche dans les archives nationales de la Namibie démontre un manque d’informations sur le patrimoine culturel des Ovahimba et une fragilité de certains éléments existants, notamment de vieux négatifs photographiques et des films disponibles uniquement dans des formats ne pouvant pas être conservés (VHS).

1996. Rina SHERMAN est commissaire de la tournée de Jean Rouch dans des universités en Afrique Australe (Universités de Durban-Westville, Durban, Cap, Witwatersrand et Namibie). Deuxième visite en Namibie. Prise de conscience que la culture Ovahimba est en train de subir une transformation rapide due à certains aspects du développement : urbanisme, religion, tourisme pour citer les principaux et que ni l’état actuel de leur culture ni ses transformations ne font l’objet d’observations.

1997. Paris. Conceptualisation et formulation d'une étude de recherches à long terme multi-disciplinaire sur l'héritage culturel du peuple Ovahimba. En avril, Rina Sherman entreprend un voyage de repérage au pays Ovahimba dont les résultats sont concluants : la possibilité d'exécuter un programme de recherches à long terme existe. À la fin de l'année, le ministère français des Affaires Etrangères lui décerne une bourse LAVOISIER d’un an pour accomplir des recherches sur place.

1998. Windhoek. Formulation du programme de recherches comprenant une dimension de développement communautaire en partenariat avec les membres de la communauté. Rina Sherman s'installe à Opuwo pendant plusieurs mois et entreprend des excursions dans des régions éloignées afin d’identifier une communauté avec laquelle elle pourra mettre en œuvre son projet. Le chef d’Etanga s'engage à l’accueillir dans sa région (Etanga et ses communes périphériques). Rina Sherman s'installe dans le domaine familial de la famille des Tjambiru d’Etanga. Un camp de base est construit et l’étude de la vie quotidienne des Ovahimba débute.

1999. Etanga. Filmer, photographier,  réaliser des enregistrements sonores et une documentation écrite. Rina Sherman apprend à parler l’Otjiherero, la langue des Ovahimba. Formation en techniques de recherche pour les assistants du projet. Première participation au développement communautaire : l'aide à l'installation de l'eau à Etanga grâce au soutien financier du ministère des Affaires Etrangères, de l'Association namibienne de la Norvège, de la Fondation Ford et de plusieurs sponsors privés.

2000. Etanga. Poursuite de la collecte de données multidisciplinaires, formation des assistants. Transcription de textes et d’images vidéo. Excursions régulières dans les zones rurales du Nord et du Sud : Otjinungwa, Omatjivingo, Embuende, Otjitanda, Owozonduuombe, Wakapawe, Ekoto, Kaoko-Otavi, etc. Participation à l'élaboration du camp de repos d’Etanga en partenariat avec Nolidep (Northern Livestock Development Project). Recherche de fonds étrangers pour le développement communautaire. Aide financière du ministère des Affaires étrangères, la Fondation Ford et de plusieurs sponsors privés.

2001. Rina Sherman décide de réinstaller la base de projets à Windhoek, à la fois pour assurer la bonne conservation de l'ensemble des données recueillies sur le terrain et pour rester près d’Etanga. La coopération espagnole et d'autres donateurs accordent des aides à l'école primaire d’Etanga avec du matériel pédagogique et des équipements de base. Rina Sherman entreprend de nombreux séjours à Etanga, collecte des données et commence à traiter et cataloguer celles recueillies précédemment. Le projet « Les années Ovahimba » accepte de participer sur une base volontaire au développement d'un centre de ressources communautaires à Etanga. L'ambassade d'Allemagne, la British High Commission et le Service français de coopération et de la culture accordent des aides. L'aide financière du ministère français des Affaires étrangères, la Fondation Ford, Caltex, Standard Bank, ainsi que plusieurs sponsors privés.

2002. Continuation du traitement des données: inventaire des matériaux collectés, rédaction, édition, catalogage, création d’une collection photographique. Du 11 au 28 juin, exposition « Les années Ovahimba : Travaux en cours » au Centre culturel franco-namibien à Windhoek. Première présentation importante des résultats obtenus après cinq années de travail en Afrique, l'exposition est présentée sous la forme d'une série de paysages sonores, ponctués par une exposition de photographies, dessins, objets culturels, de textes inédits et, en parallèle, une série de films et de séminaires. Un groupe de jeunes d’Etanga participe à l'exposition comme porte-parole de leur culture et donne des représentations de danse Ovahimba. Un film est fait sur cette exposition et sa sortie est prévue prochainement. Rina Sherman retourne plusieurs fois à Etanga, un autre voyage est programmé avant la fin de l'année. La coopération espagnole s'engage à aider à nouveau l'école primaire d’Etanga avec des équipements et du matériel pédagogique. Les microprojets de l’Union européenne accordent une aide financière pour la construction du Centre de ressources communautaires Etanga. La Société de pêche NAMSOV s'engage à financer la construction du Centre de ressources communautaires à Etanga. Participation de volontaires français dans le traitement de données dans la préparation des « Années Ovahimba, la Collection ». Préparation d'une première publication de textes et d’une série d’essais intitulés « Récits d’Ongumbati ». L'aide financière du ministère français des Affaires étrangères, la Fondation Ford, Caltex, Standard Bank, ainsi que plusieurs sponsors privés continue.

2003. Poursuite du traitement des données : inventaire des matériaux collectés, rédaction, édition, catalogage, collection photographique. Nouvelles recherches sur le terrain. Continuation des projets de développement communautaire : la construction du Centre de ressources communautaires d’Etanga. Préparation de la mise en œuvre initiale du centre de formation et de gestion des membres de la communauté d’Etanga. Préparation initiale : réinstallation du projet à Paris en Septembre 2003 pour les données finales de traitement de la Collection « Les années Ovahimba », une série de films, textes, dessins, catalogue photographique, etc. puis recherche de nouvelles expositions à la galerie Brunei, SOAS, Londres et le Musée du Quai Branly, Paris, y compris la présence du Groupe des jeunes de Etanga. Création d'une convention de recherches entre le Ministère français des Affaires étrangères, le Systèmes de pensée en Afrique noire laboratoire de recherche CNRS-EPHE, l’université de la Namibie et « Les années Ovahimba ». Proposition d'une Soirée Thématique pour Arte repose sur l'idée d'un séjour en Etanga.

2004-2010. Début de la phase de traitement des données, l'établissement de l'inventaire du matériel enregistré. Publication et distribution de la collection « Les années Ovahimba » (une collection de films, textes, dessins, et un catalogue photographique). Pour plus d'informations, voir :
http://www.ovahimba.rinasherman.com/

Note biographique

Née en Afrique du Sud, Rina Sherman fut contrainte, en 1984, de s’exiler de son pays. Elle s'est alors installée en France où elle a obtenu la naturalisation en 1989. Musicienne classique de formation, elle a travaillé comme actrice de théâtre indépendante et à la télévision avant de se tourner vers le cinéma.
En 1990, elle achève son doctorat avec distinction à la Sorbonne, sous la direction de Jean Rouch.

Son premier roman, Uitreis, (Partance), publié en Afrique du Sud en 1997, a été salué par la critique.
Cindéast, ethnographe et photographe, Rina Sherman est à l’origine de plusieurs projets culturels. Elle a été commissaire audiovisuel pour l’exposition, « Afrique du Sud : musiques de liberté », La Villette, 1995. Cette même année, elle a été lauréate d’une bourse Villa Médicis Hors les Murs, qui lui a permis de réaliser des recherches approfondies dans les archives du film de la région d'Afrique Australe.

En 1996, elle a été commissaire de la tournée de Jean Rouch dans des universités d’Afrique Australe, en collaboration de l'Institut Français en Afrique du Sud (IFAS), la Mission pour la coopération et les services culturels de l'ambassade française en Namibie.
En 1997, elle a été lauréate d’une bourse Lavoisier du ministère des Affaires Etrangères pour le projet Les années Ovahimba, un programme de recherche multidisciplinaire à long terme (dessins, la tradition orale, vidéo, cinéma, photographie) destiné à constituer une trace vivante du patrimoine culturel des Ovahimba. C'est ainsi que, durant une période de sept ans, elle a étudié et surtout créé une documentation sur la tradition orale, la vie quotidienne et les rites des Ovahimba.
En 2002, elle a présenté une exposition multimédia, Les années Ovahimba : Travaux en cours, au Centre culturel franco-namibien à Windhoek. En 2003, grâce à l’extension de ses recherches dans le sud-ouest de l'Angola, elle a pu donner une vision d'ensemble de tout le patrimoine culturel et des expressions de tradition orale du paysage sociolinguistique Otjiherero. Le projet a reçu le soutien du Ministère des Affaires étrangères, de diverses ambassades de l'UE, de la Fondation Ford et de nombreux sponsors privés.
Actuellement, elle continue le traitement des résultats de ses recherches et de la documentation recueillie au cours de ses sept années de séjour sur le terrain, le montage de films et de photographies, la rédaction d'articles et de livres, enfin un travail de conservation à long terme de l'ensemble des données de la Collection Les années Ovahimba.
En novembre 2011, une rétrospective de films de Rina Sherman a eu lieu au musée du quai Branly, avec deux programmes, La vie en ville et Les années Ovahimba.

En 2015, Rina Sherman a présenté une exposition multimédia à la Bibliothèque national de France - François Mitterrand.
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Les films et les livres de Rina Sherman sont disponibles dans le catalogue de nombreuses bibliothèques unive
rsitaires et publiques importantes, ainsi dans des musées aux USA, UK et en Europe.

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